homoparentalité

La gestation pour autrui gagne de plus en plus en popularité auprès des hommes gays désirant fonder une famille. Pourquoi cette solution attire de plus en plus d’hommes français outre-Atlantique ? Quelles sont les spécificités médicales d’un tel type de parcours d’homoparentalité? Quelle relation établir avec la femme porteuse Décryptage en trois points dans la suite de cet article !

Tour d’horizon des parcours d’homoparentalité 

Les familles d’aujourd’hui sont plus diverses que jamais : outre les familles classiques. Il existe de plus en plus de familles multiculturelles, homoparentales et monoparentales et des projets de coparentalité. Dans ce cadre-là, l’adoption est une façon parmi d’autres de faire famille.  

Pour les hommes homosexuels célibataires ou en couple, fonder sa famille n’est pas un parcours aussi simple que pour un couple hétérosexuel sans problème de fertilité. En France, on peut distinguer trois types de parcours vers la parentalité pour ces parents d’intention :

famille chaussures chemin parcours
Mais une famille reste une famille, et le meuble à chaussures ne laissera aucun indice sur la façon dont elle s’est formée !

L’adoption  

Aux Etats-Unis, les statistiques sur l’adoption par des personnes de même sexe indiquent que les couples homosexuels sont de plus en plus nombreux à adopter. Là-bas, les parents homosexuels représentent 4% du nombre total des adoptions et ce chiffre est en hausse.  Les couples homosexuels ont quatre fois plus de chances d’élever un enfant adopté. Et six fois plus de chances d’élever un enfant en famille d’accueil que les couples hétérosexuels. 

En France, l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe en 2012 a rendu possible l’adoption pour les couples homosexuels mariés. Les premières adoptions d’enfants par deux papas ou deux mamans ont alors suivi. L’association française des parents gay et lesbiens (APGL) estime à 150 le nombre d’adoption d’enfants nés à l’étranger ou de pupilles de la nation depuis 2013. L’association estime que cela correspond à peu d’adoptions. Mais que cela démontre que ce parcours est désormais légalement possible en France.

En effet, si contrairement aux idées reçues, il y a des enfants adoptables en France, le parcours d’adoption est considéré par beaucoup comme long. Ou nécessitant beaucoup de résilience émotionnelle. L’adoption internationale pour les couples gays est d’autant plus complexe que peu de pays reconnaissent ou autorisent les couples de même sexe à adopter. 

La coparentalité

Dans une configuration homoparentale, la coparentalité se définit lorsque la mère biologique et le père biologique de l’enfant ne forment ni n’ont jamais formé de couple. Les partenaires respectifs des deux parents biologiques ou les parents sociaux sont pleinement présents dans le projet. Sans pour autant être reconnue par la loi française. Cette disposition implique une très bonne entente entre les parents et un certain nombre de facilités logistiques. Par exemple, les deux couples ou les deux foyers à l’origine de la coparentalité décident de vivre dans la même ville ou le même quartier. S’astreignant ainsi à refuser d’éventuelles mobilités professionnelles. 

diner fêtes coparentalité
Avec la coparentalité, une certitude : les dîner en famille sont plus grand ! !-)

Homoparentalité et gestation pour autrui 

Pour les couples hétérosexuels qui veulent avoir des enfants, la gestation pour autrui est souvent l’une des dernières options qu’ils envisagent. Après de longues consultations épuisantes sur le plan émotionnel et physique avec un spécialiste de la fertilité. Mais pour les couples homosexuels qui veulent des enfants, la gestation pour autrui est souvent une option dès le début de la réflexion des parents. Etant donné son interdiction sur le sol français, il s’agit d’un processus réalisé à l’étranger. La GPA est un parcours complexe long et coûteux. Etant donné les lois différentes d’un pays à l’autre, le parcours de GPA peut être encore plus complexe pour de futurs parents homosexuels.  

Pourtant, la GPA demeure pour la communauté gay, l’un des moyens les plus sûrs de faire famille. En permettant une filiation avec un lien biologique avec un des parents. À bien des égards, le processus de GPA pour couple gay ne sera pas différent pour vous que pour les parents hétérosexuels souhaitant avoir recours à une mère porteuse. Toutefois, il existe des différences importantes dont il faut être conscient.

 

Les pays ouverts à une GPA homoparentale 

La gestation pour autrui est interdite en France.

Les Françaises et les Français doivent se rendre à l’étranger pour y avoir recours. Cependant, la législation est différente dans chaque pays ayant légalisé la gestation pour autrui. Tant que l’État autorise les arrangements de maternité de substitution pour les homosexuels et que l’agence de gestation pour autrui offre ses services aux couples et aux personnes de même sexe, la GPA est absolument une option à envisager ! C’est le cas pour les Etats-Unis et pour le Canada. Ou encore dans la plupart des Etats d’Amérique latine où la GPA est possible pour les couples homosexuels internationaux. 

En revanche, les modalités des pays ouverts à la gestation pour autrui pour les couples gays internationaux  diffèrent, notamment pour l’établissement de la filiation.  

Par exemple, dans le cas d’un couple d’hommes ayant recours à la gestation pour autrui en Colombie. La mère porteuse figure sur l’acte de naissance. Logiquement, seul le père biologique pourra également être inscrit sur l’acte de naissance. La mère porteuse devra renoncer à ses droits parentaux après la naissance de l’enfant. Ce qui permettra au deuxième père (sans lien génétique avec l’enfant) d’entamer une procédure d’adoption pour adopter l’enfant de son conjoint.  

Si ce même couple a recours à une gestation pour autrui aux Etats-Unis, en fonction de l’état, la mère porteuse ne figurera pas sur l’acte de naissance. Dans certains états, Les deux papas pourront tous les deux et avant même la naissance être désignés comme les parents légaux de l’enfant à naitre. Grâce à un Pre-Birth Order La reconnaissance du lien de filiation entre le deuxième père (sans lien génétique avec l’enfant). Et l’enfant en France pourra être établi via une procédure d’adoption ou l’exéquatur du jugement d’adoption américain après la naissance en France.   

D’autres destinations populaires pour les couples hétérosexuels sont en revanche impossibles pour les couples homosexuels. Il s’agit des pays où la GPA est reservée aux couples mariés qui ne reconnaissent pas le mariage pour tous : Russie, Ukraine, Grèce …  

GPA et homoparentalité : un protocole médical spécifique 

Le don d’ovocytes 

Le recours à une gestation pour autrui pour un couple hétérosexuel est la conséquence, dans la majorité des cas, de l’incapacité de la femme de porter et mener à bien une grossesse.  

Cela signifie que : 

  • Dans la plupart des cas, le père d’intention peut être le père biologique de l’enfant à naitre-(sauf en cas d’infertilité masculine) 
  • Dans certains cas, la mère d’intention est en capacité d’avoir recours à une ponction ovocytaire avant la fécondation in vitro. Dans ces cas-là elle sera également la mère biologique de l’enfant à naitre.  

Pour les couples d’hommes homosexuels aux Etats-Unis, il y a aura forcément recours à un don d’ovocyte. La situation dans laquelle la mère porteuse utilise ses propres ovocytes pour la gestation pour autrui (GPA dite traditionnelle ou maternité pour autrui) ne se pratique plus aux Etats-Unis. Avant d’entamer la procédure de création des embryons dans la clinique de fertilité, il leur faudra donc identifier une donneuse d’ovocyte (via la clinique ou une agence spécialisée), puis négocier les conditions du don d’ovocyte (anonyme, semi-anonyme, ouvert) et procéder à la ponction ovocytaire.  

Des chances de réussite accrues ?

Dans le cadre d’un homme célibataire ou d’un couple d’hommes ayant recours à la gestation pour autrui, l’infertilité est dite sociale.  

Les donneuses d’ovocyte sont présélectionnées par les cliniques et les agences pour accroitre au maximum les chances de succès de la fécondation in vitro et du transfert d’embryon : 

  • Le dossier médical, les antécédents médicaux et les grossesses précédentes des candidates au don d’ovocyte sont étudiés avec soin par l’équipe médicale de la clinique.  
  • La plupart des donneuses d’ovocytes ont moins de trente ans lors de la ponction ovocytaire. Elles se situent donc dans la tranche d’âge la plus fertile tant en termes de quantité d’ovocytes que de qualité de ces derniers. 

Les mères porteuses doivent aussi réaliser un nombre d’examens médicaux importants pour s’assurer de leurs antécédents médicaux et de grossesse.  

Les chances de succès des fécondations in vitro et des transferts d’embryon sont donc statistiquement plus importantes pour les couples d’hommes.  

Gestation pour autrui et jumeaux  

Les progrès de la technologie permettent théoriquement de pouvoir implanter deux embryons issus d’une fécondation in vitro dans l’utérus d’une mère porteuse. Certains couples gays se posent donc la question d’une grossesse gémellaire, avec le recours à une donneuse d’ovocyte unique. 

Dans ce cas de figure, les deux enfants partagent en commun le patrimoine génétique de la donneuse d’ovocyte. Chaque papa est le père biologique d’un des deux enfants.  

Cela permet notamment à chacun de transmettre son patrimoine génétique, ce qui peut-être une motivation dans le désir d’enfant.  

Aux Etats-Unis, cette procédure reste possible. Cependant, elle devient de moins en moins courante : 

  • Au début de la pratique de la gestation pour autrui aux Etats-Unis, un double transfert d’embryon permettait une chance accrue de grossesse pour la mère porteuse à chaque transfert d’ovocyte. Il arrivait que les deux embryons s’implantent dans la muqueuse utérine résultant d’une grossesse gémellaire. Dans certains cas, la nidation ne réussissait que pour l’un des deux. Cependant, avec les progrès de la science et des techniques de FIV, les chances de succès d’un transfert unique d’embryon dans le cadre d’une GPA pour un couple d’hommes, avoisinent celles d’un double transfert d’embryon. Certaines cliniques ne voient plus de justification scientifique à procéder à un double transfert d’embryon. 
  • Par ailleurs, une grossesse gémellaire comporte plus de risques de santé pour la mère porteuse. Un simple ou une double implantation d’embryon est un critère majeur de choix des parents d’intention pour les mères porteuses. De nombreuses mères porteuses ne souhaitent pas porter des jumeaux. 
  • Une grossesse gémellaire a également statistiquement plus de chances de résulter en un accouchement prématuré. Les soins néonataux pour les bébés prématurés sont très couteux aux Etats-Unis. Et de nombreuses assurances ne les prennent pas en charge à 100%. Ainsi, il se peut que les professionnels de la GPA cherchent à s’assurer de la solvabilité financière des parents d’intention dans un tel cas de figure. Et ce pour éviter d’éventuels problèmes de défaut de paiement de l’hôpital à la naissance.  

GPA et homoparentalité : une relation particulière avec la mère porteuse 

Dernière particularité de la gestation pour des papas gays : le choix de la mère porteuse. Comme vous le savez, aux Etats-Unis, les parents d’intentions choisissent autant la mère porteuse que la mère porteuse ne choisit les parents d’intention. Il s’agit d’un match réciproque, d’une manière assez similaire finalement à un site de rencontres.  

Porter un enfant pour un couple de même sexe fait partie des critères que peut choisir ou ne pas choisir une mère porteuse en amont de son parcours. Certaines pour des convictions religieuses peuvent vouloir principalement porter un enfant pour un couple hétérosexuel. En tant que parents d’intention gays, vous ne les rencontrerez pas car l’agence avec laquelle vous travaillez ne vous les présentera pas. C’est là un point important de leur mission de “marieuse”.  

En revanche, le contraire est aussi très courant. De nombreuses femmes américaines préfèreront entamer une gestation pour autrui pour le compte de pères d’intention gays. Par conviction politique ou par affinité amicale par exemple. Certains stéréotypes discriminent la communauté LGBT. D’autres peuvent être un avantage : dans le cas précis, le l’influence du modèle du meilleur ami gay (GBF – Gay Best Friend en anglais) n’est pas à négliger ! 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la gestation pour autrui pour les couples de même sexe, n’hésitez pas à contacter notre équipe pour discuter avec vous de vos options.  Notre objectif est de vous donner tout ce dont vous avez besoin pour prendre la bonne décision pour votre future famille.