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Quelles conditions pour devenir mère porteuse aux Etats-Unis ? 

Pour les couples souhaitant devenir parents, la gestation pour autrui passe par le recours à une mère porteuse, avec une sélection par une agence de GPA. 

La femme ou mère porteuse aux Etats-Unis doit cependant respecter quelques conditions qui permettront une grossesse ou gestation dans un cadre légal, qui varie selon les états… Car la naissance de l’enfant aux USA est encadrée. Et le processus de sélection par les agences de mères porteuse est très strict.

Quels sont les avantages du recours à une mère porteuse aux Etats-unis?

Devenir mère porteuse aux Etats-Unis est une expérience sociale valorisée et connotée d’une manière positive. La gestation pour autrui en tant que traitement de l’infertilité est un protocole de soins légal. Dans l’immense majorité des cas les mères porteuses n’ont pas de lien génétique avec le bébé qui va naitre. Car la fécondation se fait in vitro avec le matériel génétique des parents d’intention ou de la donneuse d’ovocyte.

Toutes les procédures médicales en amont (ponction des ovocytes, recueil du sperme, création et transfert des embryons) sont coordonnées par la clinique de fertilité.  

Aux Etats-Unis, les femmes porteuses quant à elle peuvent directement s’entendre avec les parents d’intention. Puis contractualiser leur relation par l’intermédiaire d’avocats. C’est ce qu’on appelle la gestation pour autrui indépendante.

Dans la grande majorité des cas, le recours à une agence de mères porteuses, intermédiaire entre les mères porteuses et les parents d’intention, est à privilégier.  Dans la plupart des Etats, la mère porteuse reçoit une compensation. En France, on entend peu les raisons qui motivent en toute conscience chaque année, de nombreuses femmes, à s’orienter vers ce choix de vie. 

Au cours de nos entretiens nous avons rencontré Myriam. Une femme de nationalité allemande résidant aux Etats-Unis, qui a effectué deux parcours de gestation pour autrui pour des couples internationaux. A la croisée entre deux univers culturels différents, l’un américain, l’autre européen, son témoignage apporte un éclairage intéressant sur ce choix si particulier, celui de porter et donner naissance à un enfant pour un couple tiers. 

Myrjam, une mère porteuse aux États-Unis, raconte pourquoi elle s’est tournée vers la gestation pour autrui.

Pourquoi est-ce que je suis devenue mère porteuse ?

Vivant aux Etats-Unis depuis 2005, la première GPA que j’ai réalisé était pour une mère d’intention de nationalité chinoise. C’était un parcours un peu particulier puisque nous avons dû nous occuper du bébé pendant 7 mois à la maison avant que la maman, bloquée pour des raisons de visa et de COVID puisse venir le récupérer. Je viens de commencer mon deuxième parcours.  

Avec l’âge, il nous arrive souvent d’entendre les témoignages d’amis faisant face à l’infertilité, les difficultés de tomber enceinte, les fausses-couches… Des problèmes auxquels je n’ai jamais eu à penser, car mes grossesses sont arrivées très rapidement. Ça m’a donc fait réfléchir. Avec mon mari, on pensait à devenir famille d’accueil ou alors à un projet d’adoption. Mais ce n’était pas facile à cause de la profession de mon mari dans l’armée américaine, nous n’étions pas considérés comme un “foyer stable” même si nous étions mariés depuis 20 et avions trois enfants.  

J’ai entendu parler de la gestation pour autrui par l’intermédiaire d’une amie. J’en avais aussi entendu parler à la télévision pour les célébrités américaines. Mais je ne savais pas que c’était si répandu, que c’était quelque chose accessible à chaque être humain. Et quand j’ai commencé à étudier la question, je me suis dit : j’aime être enceinte, c’est parfait ! Allons-y ! 

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Après l’heure du choix…

Trouver la bonne agence de mères porteuses ? Le parcours du combattant !

Tout d’abord, j’ai fait beaucoup de recherches autour de moi. Je suis d’abord tombé sur de mauvaises agences. J’ai rencontré trois agences que j’ai ensuite écarté. C’est seulement avec la quatrième agence que j’ai pu commencer mon parcours de GPA.  

La première agence souhaitait que j’utilise l’assurance santé Tricare destinée aux militaires et aux familles de militaires aux Etats-Unis. Cette assurance ne couvre pas les frais d’une grossesse de gestation pour autrui. Et pourtant ces agences m’encourageaient à mentir !  C’était une ligne rouge. 

L’assurance santé dans le cadre d’une gestation pour autrui aux Etats-Unis est un poste de dépense important. Certaine mères porteuses disposent d’assurance compatible avec la GPA. Et les dépenses liées à la grossesse sont remboursées, d’autres non. Les assureurs considérant que l’enfant à naitre n’est pas l’enfant de la mère porteuse, ils pensent que c’est aux parents d’intention d’assumer les frais médicaux liés à la grossesse.

Tout semblait bien lancé avec la deuxième agence. Pourtant, lors de la rédaction du contrat de GPA avec les avocats des parents d’intention et l’agence, les choses ont coincé.  

Souvent l’argent arrive très rapidement dans la conversation aux Etats-Unis. Je me sentais moi-même mal à l’aise de poser la question. En tant qu’allemande, pourtant, j’aime savoir les tenants et les aboutissants de tout. Quand je posais des questions, je n’avais pas des réponses qui faisaient sens. Le plus je demandais, le plus de lignes rouges se traçaient. Si en tant qu’agence vous êtes incapable de me donner des réponses, c’est qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Ma curiosité européenne m’a peut-être alors sauvé ! 

L’agence et les parents d’intention ne souhaitaient pas ouvrir un escrow account pour me verser la compensation. Et souhaitait aussi mettre en place des versements directs. C’était une ligne rouge pour moi. 

En effet, pour s’assurer de la solvabilité des parents d’intention, le transfert d’embryons ne s’effectue qu’une fois le contrat de GPA signé. Et une fois le compte sous séquestre américain crédité d’une certaine somme définie dans le contrat.

La troisième agence serait probablement une agence de mères porteuses idéale pour de nombreuses candidates. Mais à chaque fois que je refusais un couple de parents d’intentions lors de l’entretien parce que je ne sentais pas un feeling nécessaire pour commencer, ils m’en envoyaient un nouveau profil en me proposant une augmentation de la compensation si j’acceptais. Mais, j’avais besoin de cette connexion pour me lancer dans une gestation pour autrui.  

Et l’agence ne comprenait pas ce qui motivait mes refus.  J’avais donc l’impression qu’ils ne comprenaient pas ce que je recherchais comme relation avec les parents d’intention. Alors je suis partie. 

C’était un processus qui était très dur. Et j’étais sur le point d’abandonner. Ça devait être une aventure avec de la joie. Et j’ai découvert cet aspect méconnu de la GPA avec lequel j’ai un peu plus de mal. Pour moi, il fallait que le cœur soit la première motivation de la mère porteuse. Et la compensation, la deuxième. Ce n’est pas forcément le plus commun.  

Et même pour ce deuxième parcours de GPA, j’ai fait plusieurs entretiens avec de potentiels parents d’intention avant de me décider, pour être sûr d’être sur la même ligne.  

labyrinthe GPA
l’heure du comment !

La réaction des proches en Allemagne.  

Je n’ai rien dit à mes proches en Allemagne avant la douzième semaine de grossesse. Parce que dans une perspective européenne, on se pose toujours d’abord les questions de type “que peut-il se passer de négatif” ? Et personne ne m’aurait dit de prime abord : “oh je suis contente pour toi”. Je ne voulais pas de négativité ! Je voulais m’assurer des premiers battements du cœur du bébé. Que tout allait bien. Et une fois arrivés à ce point-là, j’ai juste dit : “oh, au fait, je suis enceinte avec le bébé d’une autre.  

Et j’ai laissé venir les questions à moi ! Beaucoup de questions…   

La première interrogation classique était que de savoir si j’allais abandonner ce bébé après la naissance. Donc j’expliquais le côté scientifique. Le fait que la mère porteuse porte un bébé qui n’est pas génétiquement lié avec elle. Mon entourage trouvait ça cool.  

Et quelques semaines plus tard j’ai su que la première chose que mon frère avait recherché était de savoir à combien s’élevait la compensation d’une mère porteuse aux Etats-Unis. J’étais surprise.  Mais ce n’est que quand mes proches ont vu ce que j’avais fait pour la maman et le bébé après la naissance, de m’en être occupé pendant sept mois jusqu’à ce que la maman puisse venir le chercher, qu’ils ont compris. J’avais pris cette décision parce que l’idée me plaisait, et c’était la seule motivation. Ce cheminement a pris du temps.  

Pour mon entourage en Allemagne, c’était totalement nouveau. Il y avait des questions, mais aussi beaucoup de fascination. Des proches de ma génération, ce qui les fascinait le plus c’est que je puisse faire ce parcours, très intime, très contraignant, pour d’autres. De la fascination, et pourtant, je ne pense qu’aucune de mes amies là-bas se serait lancée dans une gestation pour autrui si elles en avaient la possibilité. Aux Etats-Unis, c’est une mentalité différente.  

Et même pour ma mère, aujourd’hui, faire une chose si humaine et humble pour quelqu’un d’autre, ça ne fait toujours pas sens. Le fait qu’il aurait pu m’arriver quelque chose à cause de cette grossesse la trouble beaucoup. Alors que pour moi, prendre sa voiture, c’est aussi prendre un risque, le risque d’accident.  J’ai juste pris en considération les risques et les avantages avant de me lancer. Mais la question de vouloir le faire pour d’autres est revenue souvent.  

Je pense qu’une personne qui n’a pas le besoin d’une GPA dans sa propre vie, se fait une opinion tranchée dessus rapidement. Par ce qu’elle n’a pas besoin de se mettre à la place mentalement d’une personne qui a besoin d’une gestation pour autrui. Et ça fait une grande différence.